Construit par du monde

Comme tout le monde, j’adore les Reader’s Digest. Les petites catégories pour remplir les pages à la fin des articles contiennent des joyaux. Des catégories telles que Humour en uniforme ou Mots d’enfants me font complètement rire et d’autres telles Matière à réflexion me font tout simplement réfléchir. Un jour, j’étais chez ma grand-mère et j’avais à peu près 12 ans. Je lisais tout bonnement une histoire vrai titrée Panique en haute-mer sur un pêcheur en haute-mer dont tout l’équipage avait été dévoré par un requin blanc. L’homme a dû boire son urine et manger les restes de son plus jeune matelot (qui de plus était son propre fils d’une deuxième union avec une femme du Texas dont la main arrachée par de l’équipement agricole avait fait l’objet d’un article du Reader’s Digest en septembre 1984) pour survivre et retourner chez-lui. L’article finissait en soulignant à quel point la vie c’est important et qu’il faut vivre chaque seconde qui nous est donnée. À la fin de l’article, il y avait un de ces joyau si commun au Reader’s Digest dans la catégorie Matière à réflexion. Le texte allait comme suit.

Un homme avait construit un nouveau building pour une compagnie employant plusieurs personnes. Par contre, il avait omis de paver des trottoirs pour la circulation des piétons et les gens étaient contraints de marcher sur la pelouse. Tout le monde lui demandait pourquoi il avait fait ça. Il ne répondait pas et se contentait de prendre une bonne bouffée de sa pipe en regardant au loin. Après quelque temps, des sentiers de vache se sont formés sur la pelouse aux endroits où les gens passaient le plus souvent. Un jour, une paveuse est arrivée et à construit les trottoirs directement sur les sentiers qui s’étaient naturellement créés. Fin.

Homme sage et sa pipe

Aujourd’hui, environ 15 ans plus tard, je me souviens toujours de cette histoire et le principe est appliquable à ma vie de tous les jours lors de l’élaboration d’interface utilisateur. Le but n’est pas de se demander comment l’usager aimerait utiliser l’interface mais de comprendre comment l’usager utilise vraiment l’interface.
Cette méthode oblige à

  • laisser des éléments d’interface plus libre
  • ajouter des éléments d’interface qui pourraient être retirés
  • être capable d’ajouter les métriques nécessaires pour avoir des données réelles sur lesquelles se baser
  • utiliser les données statistiques recueillies pour refondre les interfaces

C’est beaucoup de travail, c’en est presque plate mais je pense que c’est un des bons moyens d’arriver à une interface utilisateur le plus proche de l’humain possible.

4 commentaires sur cet article

Commentaires

  1. Emile 2 Jan

    Un ami qui étudie à l’ETS (École de Technologie Supérieure) m’a parlé d’un cours où ils avaient des logiciels pour étudier les mouvements de la souris fait par un humain. Des cibles apparaissent et l’utilisateur doit cliquer dessus. Ensuite ils faisaient des statistiques avec la vitesse des déplacements étaient étudié, temps de réponse, etc.

    Ça serait intéressant de faire un api capable de prendre des stats sur le logiciels qu’on fait. On pourrait voir par exemple que dans 70% des utilisations de notre logiciel, on a pesé sur tel bouton et ensuite tel bouton. Peut-être que c’est bouton devrait être plus proche. Quand l’utilisateur va dans les configurations, quelle option est le plus souvent changé, quelle option prend le plus de temps à trouver.

    Le genre de projet qui se fait dans une université parce qu’aucune compagnie privée va vouloir mettre de l’argent dans ça…

  2. Frank 5 Jan

    Pour savoir comment l’usager utilise réellement les interfaces en général, je crois qu’il faut également espionner les usagers “néophytes”. On peut faire cela en notant secrètement leurs habitudes, leur niveau de patience, le temps qu’ils prennent à trouver l’information qu’ils recherche à l’intérieur d’une page, etc.

    Quand je vois quelqu’un de plus ou moins à l’aise sur un site ou une application Web, j’ai souvent le réflexe de les guider en leur disant où cliquer. J’essaie maintenant d’arrêter cette manie et je m’arrange pour les regarder faire pendant quelques instants… afin de voir ce qui les mélange et ce qui les trouble.

    C’est pas que je suis sadique… après quelques heures je finis par les aider. C’est juste que ça m’aide à comprendre les points faibles des interfaces.

  3. […] Ce genre de frustrations éprouvées sur le Web m’amène à une ligne directrice toute simple que je suit par respect pour ceux qui vont utiliser les logiciels que je développe où les sites Web que je produis. Ce sont les utilisateurs et les visiteurs à qui je dois penser lorsque j’enfonce une touche de mon clavier au lieu d’un obscure diagramme de classe. Il faut essayer de rendre l’utilisation la plus plaisante possible, à un clique près. Construire le sentier où les marcheurs ont piétiné le gazon. […]

  4. […] J’ai essayé de trouver un nom pour définir cette approche que je m’efforce de suivre et celui que j’ai trouvé n’est pas très valorisant… mais je vous en fait part quand même. J’ai appelé ça : L’analyse du paresseux. Certains me diront que ce n’est pas applicable pour les projets plus complexes et plus volumineux, mais je demande tout de même à être convaincu. En faisant le strict minimum dès le départ, toutes les portes demeurent ouvertes, l’application est plus flexible et rien n’est coulé dans le béton. De plus, cette méthode a l’avantage de laisser la possibilité aux utilisateurs de trouver eux-mêmes la façon dont ils souhaitent utiliser l’application. […]

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