Je n’aide pas mon prochain quand il surfe sur la toile

En tant que personnes technologiques, nous sommes portés à perdre patience face aux gens non-technologiques qui utilisent un ordinateur. Peut-être que ce n’est pas la bonne solution.

Quand deux mondes se rencontrent

Beaucoup de mes amis sont des gens technologiques. Ils n’ont pas peur de se salir les mains sur un clavier d’ordinateur. Ils ne s’épuisent pas à rester assis toute la journée à regarder un écran d’ordinateur tout en buvant du café et en écoutant de la musique.

Par contre, j’ai quelques proches qui sont non-technologiques. Ce genre de personne qui passent leur journée à travailler sur des éléments concrets : moteurs, maisons, cuisine, etc. Ce genre de travail qui leur demande de passer des journées entières debout à avoir chaud, être sale et puer.

Parfois, ces gens n’ont pas le choix de faire affaire avec notre monde, les ordinateurs. Ils surfent sur des sites de mauvaise qualité, ils utilisent Hotmail, ils essaient d’imprimer des pages de l’Internet. Ils font ce que nous ne faisons pas.

Qu’est-ce que je fais

Ma première réaction face à une personne non-technologique en problème : perdre patience. C’est simple, rapide et ça ne demande que peu d’efforts. Qu’est-ce que ça impliquerait si ce n’était pas ça la solution? Une de ces fameuses remises en question? Je déteste me remettre en question. Que de temps perdu. Que de nouveaux débats internes. Que de changements. Que d’efforts.

Mais je résiste à la voie facile. J’essaie de ne pas perdre les pédales, d’être indulgent. Devant une personne non-technologique en problème, mon naturel me ferait rire de mon rire d’intello qui dénote un grave complexe de supériorité et expliquer froidement pourquoi ça marche comme ça. Lui montrer rapidement l’incompréhensible suite de clics qu’il doit faire pour se sortir de son problème. Et si c’était moi qui se trompais?

Apprendre et comprendre

En agissant de cette façon envers une personne non-technologique en problème, j’ai remis la partie à la prochaine fois. J’ai gratté la piqûre de maringouin mais ça va repiquer tôt ou tard. Ce que j’essaie de faire aujourd’hui : apprendre et comprendre. Si la personne a un problème dans une application, je ne l’aide pas. Je regarde sa réaction. Je vérifie combien de temps elle met à régler son problème elle-même. Je la questionne sur comment elle se sent, pourquoi elle pense que c’est fait comme ça, qu’est-ce qu’elle s’attend. J’essaie de me mettre à sa place. À toutes les fois, j’apprend beaucoup. Beaucoup plus qu’en lisant des articles faits par des gens technologiques qui nous disent comment une personne non-technologique aime les interfaces. Ces gens sont bien intentionnés (et j’en fais partie) mais leurs expériences ne peuvent pas égaliser vos propres expériences. Plutôt qu’être l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours, je préfère être l’homme qui a vu l’ours…

L'homme qui a vu l'ours

Je suis l’homme qui a vu l’ours…

Exemple concret

Une personne non-technologique voulait traduire une phrase. Elle se rend d’abord sur Google et fait un recherche pour traduction. Pour une raison que je ne comprends pas, la personne clique sur le deuxième résultat : Reverso.

Je ne parlerai pas des difficultés qu’elle a eu avec les icônes disposés un peu partout ni du questionnement de l’action qui sera faite si elle clique sur les drapeaux, je vais seulement parler du résultat de sa traduction : elle ne l’a justement pas trouvée sur son écran 800 X 600. Je dois avouer que ça m’a pris environ 10 secondes à la trouver moi-même. Comment est-ce qu’un programmeur a pu penser que d’afficher le résultat à droite était naturel? Sûrement qu’il a perdu patience avec tous les gens qui n’ont pas trouvé la boîte de résultat…

1 commentaire sur cet article

Commentaires

  1. Frank 24 Jan

    Je pense que ta technique est excellente. C’est une bonne idée d’observer attentivement la personne non-technologique en détresse.

    J’ai décidé que je commencerais à utiliser cette technique moi aussi. Je t’en donnerai des nouvelles

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