L’écran aux pouvoirs surhumains
À partir de 9 heures le matin, je m’installe à mon ordinateur. Dès ce moment, plus rien ne semble exister. La plante à mes côtés n’a plus besoin d’eau, mon chat ne me regarde plus de façon insistante afin d’avoir un minimum d’attention, mon bureau n’est plus en désordre, je ne suis plus mal habillé. Les heures filent à vive allure, et moi ,pendant tout ce temps, je suis complètement déconnecté du réel. Les choses qui m’entourent ne sont qu’un paysage. Mon “monde” se trouve de l’autre côté de l’écran.
Je ne veux pas me plaindre car c’est le domaine que j’ai choisi il y a quelques années et je ne le regrette aucunement. D’ailleurs, l’univers qui se trouve de l’autre côté de mon écran est fascinant. Par contre, je ne peux m’empêcher de trouver ce mode de vie incomplet et parfois trop passif. Imaginez qu’un extra-terrestre débarque sur la terre dans le but de connaître la façon dont les terriens travaillent. Pour le bien de notre planète, il ne faudrait vraiment pas que cet extra-terrestre me choisisse. Le pauvre, je l’imagine en train de perdre tout son enthousiasme après une heure à peine, lui qui au départ était pourtant tout excité avec son drapeau J’aime la terre qu’il agitait fièrement. Il avait obtenu l’incroyable privilège d’observer pour la première fois un terrien durant 24 heures en ligne, il était aux anges. Même le soir, lorsqu’il retournerait sur sa planète le coeur plein d’amertume et qu’il revisionnerait ma journée en mode fast forward, il serait doublement déçu de constater qu’il ne se passerait pas plus d’action. Il ne verrait que des touches sur le clavier qui s’enfoncent plus rapidement et des clics de souris supersoniques. Les meilleurs moments de sa soirée cinéma seraient sans doute les moments où je me lève pour aller à la salle de bain ou pour me faire un café… parlez-moi de moments magiques à couper le soufle!

Un extra-terrestre désappointé
J’éprouve parfois la sensation désagréable d’être coupé du réel lorsque je réalise que toute mon attention est canalisée à l’intérieur d’un diamètre de 19 pouces pendant 8 heures consécutives. Même si ce sur quoi je travaille est intéressant et concret, je me sens comme si je passais à côté de quelque chose. Avez-vous déjà éprouvé cette sensation?
Élargir ses horizons et rester actif
Non, par rester actif je ne parle pas d’aller se claquer une dizaines de longueurs à la piscine publique du coin ou de sortir prendre une bonne marche pour s’oxygéner le cerveau (je laisse Josée Lavigueur faire mon éducation à ce niveau). Je parle d’essayer de varier ses activités au niveau de son travail. Que ce soit le fait de participer à des conférences, rencontrer un client ou donner une formation sur un produit, l’important selon moi est de combler le besoin de faire des choses qui soient un peu plus “manuelles”.
Je ne vous apprends rien en vous disant que l’humain est un être sociable. Pour la plupart d’entre nous, nous avons besoin de cette interaction avec les gens. Nous avons besoin d’action, de diversité, de surprises… nous avons besoin d’éprouver la sensation de faire quelque chose, de sentir le sang couler dans nos veines et la sueur couler sur notre front.
Mais n’exagérons rien, j’aime passer de longs moments à développer une application. La différence est que maintenant, j’ai compris qu’il y avait certains besoins qui ne pouvaient être comblés par le seul fait de programmer.