Le Dieu Employeur

J’ai commencé à travailler pour mon premier employeur à 19 ans. Étant donné qu’il s’agissait de mon premier vrai emploi, j’étais naïf, maladroit, et je croyais que mon employeur était une divinité. Je voulais l’impressionner avec des estimés de temps ridicules, je restais tard le soir en ne demandant pas un sou de plus, j’en faisais plus que ce qu’on me demandait et je me donnais vraiment à fond pour la compagnie. Je voulais que le Dieu Employeur m’aime, mais à ma grande déception, j’ai appris à la dure que le Dieu en question n’en était pas un. J’ai quitté mon premier emploi en me disant que j’avais appris et que je ne ferais plus jamais la même erreur.

A mon deuxième emploi, j’étais naif, maladroit et je croyais que mon employeur était une divinité. Je voulais l’impressionner avec des estimés de temps ridicules, je restais tard le soir en ne demandant pas un sou de plus… bon vous avez compris. Cependant, après ces deux mésaventures, j’ai eu cette révélation : “Les employeurs doivent mériter de t’employer”. En retournant l’ascenceur de cette façon, j’ai immédiatement pris plus de confiance et les choses ont commencé à changer dans ma tête.

8 heures à faire ce qu’on vous demande

Vous vous levez tôt, vous accomplissez du bon travail, vous êtes courtois et aimés des clients de l’entreprise, vous êtes un atout, vous êtes dévoué, vous vous donnez pour une entreprise qui n’est pas la vôtre. Est-ce que les projets sur lesquels vous travaillez vous intéressent vraiment? Si on vous demande de développer quelque chose et que vous n’êtes pas d’accord avec la façon proposée (interface, programmation, etc.), avez-vous votre mot à dire? Si la réponse est non, arrêtez immédiatement de vous donner… cet employeur n’en vaut visiblement pas la peine. Ne faites que ce qu’on vous demande et pas plus. Vos idées, votre vision, votre talent, votre passion et toutes les autres qualités qui font de vous un atout précieux, gardez-les pour vous.

Enlevez-moi ces chaînes immédiatement!

Ahhh! enfinTravailler avec un tas de contraintes sur des projets qui ne nous motivent pas plus qu’il ne le faut, ce n’est pas ce à quoi la plupart des gens aspirent. Pourtant, beaucoup d’entre nous le font sur une base régulière. C’est maintenant le moment de l’article où je me transforme en Hulk et que je brise mes chaînes en criant : « Non! Je ne veux plus ça! ». Je veux bâtir quelque chose qui me ressemble, qui me tient à coeur, sans être forcé de tourner les coins ronds pour livrer à temps, sans être contraint d’utiliser une technologie qui m’ennuie. Je veux être inspiré, je veux être motivé, je veux créer, je veux m’amuser, je veux vivre. Je veux faire tout ça, prendre une bonne respiration et ressentir cette délicieuse sensation qu’est la liberté.

Je veux ne dépendre que de moi, sourire le matin et travailler sur quelque chose en quoi je crois vraiment. Et peu importe si tout cela implique de travailler pour soi ou encore pour un employeur nouveau genre qui laisse à son employé le loisir de jouir de toutes ces libertés, l’important c’est la fin en soi.

4 commentaires sur cet article

Commentaires

  1. pm 7 Fev

    Amen!

    En passant, pas pire vos petites faces! Qui les a fait? Elles vous ressemble semi-caricaturallement …

  2. Frank 7 Fev

    C’est Véronique Fortin (on a d’ailleurs fait une page à propos de son travail). Elle a vraiment fait une belle job! Le pire c’est que dans mon cas elle avait juste des photos pour se baser car elle m’avait vu seulement un fois… pis ça me ressemble quand même pas pire!

  3. Je vais garder cet article dans mes signets et le relire à tous les jours afin que je le retienne par coeur.

    C’est incroyable comment qu’un programmeur, un créateur donc, peut avoir envie de proposer des idées à son employeur. Je me retiens des fois. Mais je m’échappe régulièrement. On veut tellement montrer qu’on est capable, qu’on est le meilleur, que l’on finit par être désabusé du métier.

    Et quand la trentaine arrive, le blues te pogne.

    C’est comme un marathon où tu commencerais par un sprint tout de suite en partant: c’est sûr que tu ne finiras pas en premier de cette façon.

  4. […] que Frank a craché son venim sur les employeurs (bon, je dis ça juste pour le faire fâcher), c’est à mon tour de parler du Dieu Employé […]

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