Excellent 1 fois sur 10 000
Plusieurs personnes visent l’excellence dans leur domaine que ce soit la musique, l’informatique ou la gériatrie. Pourtant, la plupart des gens n’accèdent pas à l’excellence, moi-même faisant partie de ce groupe majoritaire. Je vais quand même écrire un article léger sur ce sujet lourd en ayant l’air de quelqu’un d’accompli.
C’est plate
Tout ce qui est plate demande un effort pour peu de résultat. Faire la vaiselle est un bon exemple : c’est long, on se brûle les doigts dans l’eau trop chaude, on touche à des morceaux de pain détrempé, le beurre de peanuts et l’eau de vaisselle composent ensemble une odeur vomitive et j’en passe. Le résultat d’avoir fait la vaisselle : il faut la recommencer le lendemain.
Atteindre l’excellence est tout aussi plate que de faire la vaisselle (à moins que ce soit pire). Je fais quelque chose et si ce n’est pas excellent, il faut que je recommence. Tout ce que je fais répond à la bonne vieille loi du 9 sur 10 : 9 fois sur 10, ce que je fais est mauvais. Donc, 1 fois sur 10 c’est pas mauvais (sans pour autant être bon) à différents niveaux. Référez-vous au tableau 1.15a sur cette page pour mieux comprendre.
Tableau 1.5a : Les différents niveaux de pas mauvais
9/10 = mauvais
1/10 = acceptable
1/100 = bon
1/1000 = très bon
1/10 000 = excellent
Donc, pour 10 000 choses que je fais, une seule est excellente. C’est un constat désagréable à faire, je préfère choisir la porte de la médiocrité, c’est beaucoup moins de travail pour presque autant de résultat. Je vais laisser l’excellence aux autres personnes qui sont excellents. Mais pourquoi est-ce qu’ils sont excellents si c’est si difficile?
Beaucoup de travail
Est-ce que l’excellence demande beaucoup de travail? Oui, mais moins que je puisse le penser. Les grands de ce monde ont le même nombre d’heures que moi dans la journée et ils font plus. Premièrement, ils sont beaucoup plus riches, ça aide. Deuxièment, ils travaillent beaucoup, ça aide aussi. Troisièment, ils sont plus intelligents que moi, c’est pas à négliger. Mais personnellement, mon but est d’avoir le plus d’excellence tout en ne travaillant pas plus. Pour ça, les points suivants sont encore plus importants.
Quatrièmement, avoir beaucoup d’idées
Les gens excellents ont beaucoup d’idées, c’est leur travail. Ils écrivent, ils notent, ils regardent ce qui se passe autour d’eux. Ils sont attentifs à tous les détails de la vie et voient comment ils peuvent améliorer certaines choses. Einstein faisait ça. Il a sorti sa grande idée de la relativité (restreinte en 1905 et générale en 1915) mais combien de millions d’autres idées il a eu? Des simples, des compliquées, des stupides, des intelligentes, des plates et des intéressantes, toute la gamme d’idées possibles. Il a d’ailleurs fini sa vie sur la théorie de la grande unification, idée pour laquelle soit il a manqué de temps ou soit il n’était pas assez intelligent.
Cinquièmement, reconnaître rapidement les mauvaises idées
Les gens excellents sont majoritairement humbles, ils savent reconnaître rapidement les mauvaises idées qu’ils ont et ils savent reconnaître les gens qui savent reconnaître les mauvaises idées qu’ils ont. Ils sont capables de supprimer à jamais une idée qu’ils aiment et qui leur tient à coeur et ils sont capables de transformer une mauvaise idée mal-aimée en bonne idée. Tout ça revient à dire la même chose : ils savent reconnaître une mauvaise idée. Ça leur permet de passer plus rapidement à une autre qui cette fois sera peut-être bonne.
Les grands musiciens savent s’allier avec les bons gens pour faire de la musique extraordinaire. Je ne suis pas un grand fan, mais les Beatles en sont le meilleur exemple : deux gars qui chacun de leur bord étaient bons, mais mis ensemble étaient excellents simplement parce qu’ils savaient reconnaître leurs propres mauvaises idées et celles de l’autre.
L’auto-critique est très compliquée et très humiliante. Avouer à quelqu’un que tel projet est bâti sur une mauvaise idée? Jamais. La plupart des gens préfèrent continuer sur leur mauvaise idée plutôt que de la replacer légèrement (ou complètement). C’est pour ça que beaucoup de projets se perdent, n’aboutissent jamais ou sont tout simplement médiocres. Dès que vous avez identifié une mauvaise idée, essayez d’en trouver une autre.
Les mauvaises idées
Les bonnes idées sont rares, très rares. Qu’est-ce que je devrais faire quand j’ai identifié une mauvaise idée mais que je n’ai aucune autre alternative? Je la développe quand même. Ça ne sert à rien de forcer une mauvaise idée de se transformer en papillon, elle risque plutôt de se transformer en coquerelle lépreuse. Les mauvaises idées sont parfois un moindre mal, en autant que je l’ai identifié, je suis à l’aise avec.

Je sais pas… j’achète tout simplement pas cette façon de penser. Il y a des choses vraies là-dedans c’est officiel, comme quand tu dis qu’il faut être capable d’admettre qu’une idée est mauvaise et passer à autre chose.
Mais le problème que j’ai avec ça c’est que ça laisse un goût amer dans la bouche… et selon moi ce n’est pas une bonne idée d’accepter ça si on veut progresser. Au contraire, c’est la meilleure façon de vivre dans la peur, rien essayer ou être négatif. Les mauvaises idées, ça existe, mais il y en a encore plus qui soient bonnes. En plus, si jamais je me rend compte après X mois que telle idée était mauvaise, est-ce que c’était vraiment nécessaire d’être à l’affut d’un tableau de statistique me disant que je suis un imbécile qui n’a qu’une bonne idée sur 10000? Absolument pas.
J’aime bien mieux être confiant que mon idée est bonne en partant plutôt que de me dire que j’ai 9999 chances sur 10000 qu’elle soit mauvaise (ratio réaliste? je pense pas). Si je me trompe, tant pis. Et puis oui, avec l’expérience je détecterai sans doute les mauvaises idées plus rapidement et ce sera tant mieux. Je réussirai à faire ça sans l’aide d’un tableau non-fondé qui me dit jour après jour que je suis un cave.
Tout ça est plus imagé que d’autre chose. Si tu veux parler d’un tableau non-fondé, t’as le meilleur exemple plus haut. Les nombres sont imaginaires et varient énormément d’une personne à l’autre. Je pense pas qu’on a effectivement 1 bonne idée sur 10 000 idées.
Mais le but de ça est de me faire prendre conscience que j’ai de mauvaises idées. Que de ne pas les rejeter, suivre leur destin et perdre mon temps avec serait une erreur. Qu’il faut que je recherche les excellentes idées et que je travaille dessus le plus possible.
Je veux pas nécessairement “tempérer” mon article parce que je crois que l’exagération est nécessaire mais j’écris ça ici parce que personne ne regarde les commentaire.
J’espère que tu ne vas pas le tempérer…
De toute façon, je pense que les meilleurs articles sont toujours ceux qui créént une réaction, peu importe quel genre. Depuis tantôt que je pense à cet article-là… c’est pas rien.
J’étais en train de lire un interview avec un gars un peu bizarre sur http://www.iwillteachyoutoberich.com/blog/friday-entrepreneurs-aaron-foss-wingdipper et voici ce que j’ai vu :
You need somebody who isn’t afraid to tell you that your ideas stink.
Ça c’est important. Trouver le monde pour nous dire que nos idées sont puantes…