Nouveaux employés : Trois petits tours et puis s’en vont

C’est un phénomène que je remarque en région depuis déjà quelques années. Les entreprises en informatique ont un fort roulement de personnel. Tout programmeur vous dira qu’une des pires tâches dans le métier est de reprendre le travail inachevé d’un autre. Pire encore s’il n’est plus dans la boîte.

Pourquoi les entreprises n’arrivent-elles pas a garder leurs employés?

Pour donner envie aux employés de rester, il faut commencer par leur offrir un salaire décent compte tenu du milieu. Une petite visite sur les sites obèses et incompréhensibles du gouvernement devrait suffire. J’interroge les gens autour de moi et surprise : tous sont en dessous du “salaire moyen” dans leur région.

Conditions de travail

J’aurais aimé vous parler de politique d’entreprise qui améliore les conditions de travail mais ce n’est pas ce que j’ai observé. Côté matériel, ça varie de “correct” à lamentable. J’ai vu des programmeurs .NET travailler avec Visual Studio sur un Pentium 3 733Mhz et 384Megs de mémoire vive. Pour couronner, certains étaient assis sur un vieille chaise vacillante au dossier brisé. Rassurez-vous, c’est pas comme ça partout. C’est juste un très bon exemple d’à quel point le problème peut devenir aigu.

Après le contrôle parental, le contrôle patronal

C’est encore des éléments négatifs qui ont retenu mon attention. Certaines entreprises exercent un contrôle sur l’accès à l’Internet. Très compréhensible pour des employés de bureau qui n’ont besoin que de quelques logiciels précis pour travailler. Par contre, c’est complètement ridicule et insultant pour des programmeurs pour qui les meilleures références sont sur le net. Employeurs, si vous pensez que vos employés perdent leur temps, ce n’est pas en bloquant leur accès à l’Internet que vous allez changer les choses. Si vous n’avez pas une réelle confiance en eux, vous ne les respectez pas et ça risque d’être réciproque.

Nerd sur un cheval de carrousel

Pourquoi les entreprises voudraient un roulement?

En psychologie, on demande aux patients dépressifs de s’interroger sur les avantages indirects de leur état. Exemple : si t’as l’air triste => le monde vont faire plus attention à toi. J’ai fait le même exercice à la place des employeurs.

Salaire plus bas, à mort l’ancienneté

Simple comme bonjour, les employés qui commencent se font servir l’excuse suivante : “On va te mettre à l’essai, avec un salaire plus bas, pis inquiète-toi pas après on va t’augmenter.” Ensuite il reste juste à espérer que l’employé soit trop gêné pour demander son augmentation après 6 mois de silence.

Subventions

Ironiquement, les subventions visant à encourager la création d’emploi peuvent indirectement influencer le roulement. Certaines entreprises engagent des employés et obtiennent une subvention. Une fois la subvention terminée, on laisse passer un peu de temps, on met à pied et on ouvre un nouveau poste avec un nom différent. La dernière fois que j’ai eu connaissance d’une arnaque de la sorte, l’employeur avait obtenu une subvention représentant 40% du salaire pendant un dizaine de semaines, soit environ 1600$ si l’employé était payé 10$/h.

Mon souhait est que ce genre de pratique nous réveille. On vaut plus que ça, on mérite mieux que ça. Restez à l’affut de ces pratiques, informez-vous sur le roulement de personnel lorsque vous débutez un nouvel emploi. Vous êtes en droit de vous demander si on veut vraiment vous garder.

6 commentaires sur cet article

Commentaires

  1. Frank 28 Fev

    Ce sont toutes des bonnes raisons qui expliquent pourquoi plusieurs entreprises ne réussissent pas à garder leurs employés.

    Je connais personnellement quelqu’un dans mon entourage immédiat (et que je rencontre quelque fois devant un miroir) qui s’est fait couper accès à Internet par un employeur contrôlant qui aimait jouer à être Dieu (…j’ai jamais été capable d’être subtil).

    Je suis en tout point d’accord avec ton article et je me sens directement touché par lui. Ce que je pense va dans le même sens et j’aimerais que tous suivent le conseil que tu as donné dans ton dernier paragraphe. Si, pour une raison ou une autre, le monde devait se souvenir d’une seule phrase de cet article, j’espère que ça serait la phrase formée des mots 11 à 20 dans ton dernier paragraphe.

  2. Tu tapes dans le mille.

    Je n’étais pas au courant des possibles pratiques par rapport aux subventions à l’emploi, merci de m’en avoir fait part. Ça expliquerait pourquoi les entreprises en région ont une mentalité “McDo”, c’est à dire beaucoup de juniors, “à l’essai” et à bas salaire. Je me donnais comme raison que les junior sont aussi plus “malléables”, des yes-man, des exécutants qui, parce qu’ils sont jeunes et inexpérimentés, peuvent dire oui à n’importe quoi, sous la pression de l’employeur. Ceci dit, le point de la subvention vient de supplanter la “raison McDo”.

    J’ai maintenant douze années d’expérience, alors je vaux trop cher pour les petites entreprises qui voudraient m’engager, à moins d’accepter une baisse de salaire. Je l’ai déjà fait, croyant que je pourrais faire évoluer l’entreprise et qu’on me remercierait en me gratifiant, un bonus, une formation payée par le boss, quelque chose… et bien non. Je me suis fait remercier… en me remerciant. Et je me rend compte que je me suis fait avoir d’aplomb.

  3. Emile 28 Fev

    Désolé Ben, je voulais pas te faire pleurer aujourd’hui. On s’est tous déjà fait avoir un jour (par la même personne d’ailleurs). L’important c’est d’être un peu plus conscient de ce qui se passe et de savoir détecter les signes qu’on se fait employer par le même genre de compagnie.

  4. Alex 28 Fev

    Je crois que les régions métropolitaines offrent en plus grande parti de meilleurs opportunité d’emplois car en région il y a un fort bassin de main d’oeuvre pour le nombre d’emploi. Les employeurs ont le beau jeux. Tu chiale ? Pas grave, il y en a 10 qui attende au bord de la porte pour faire ce que tu fais à moitié prix (ils ont pas le même bagage, la même expérience, mais on s’en fout, il coûte rien).

    J’crois qu’en région, t’a 3 choix. Devenir autonome. T’associer avec d’autre dans la même situation et prospérer. Crisser ton camps à Montréal ou Québec.

    Moi j’opte pour les 2 premiers. Et voooouuuuus ? (comme dirais la madame roule-toi-par-terre)

  5. Frank 1 Mar

    Moi aussi je suis pour les 2 premiers. Foutre le camp à Montréal ou Québec est tout simplement hors de question en ce qui me concerne pour le moment.

    Mais je serais pas prêt à dire que les employeurs ont le beau jeu par exemple… je pense qu’ils commencent à se rendre compte que les bonnes ressources sont pas si abondantes que ça. C’est le son de cloche que j’ai entendu en tout cas.

  6. […] Un des pièges que les entreprises doivent éviter est de recevoir un trop grand pourcentage de leurs revenus d’un trop petit pourcentage de leurs clients. La raison est simple, s’ils le(s) perdent, ils vont manquer d’argent assez vite. Quelqu’un sur le chômage, c’est justement quelqu’un qui a mis tous ses oeufs dans le même panier. Je ne veux pas dire que tous les salariés de la terre devraient travailler à plusieurs endroits ou encore être des travailleurs automnomes. Par contre dans une ville comme Trois-Rivières et un domaine comme l’informatique, ce n’est vraiment pas si fou que ça. Les emplois ne pleuvent pas et le roulement de personnnel est assez élevé pour diverses raisons. […]

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