Mon cousin connaît ça!

Je me rappelle encore quand j’étais en secondaire 5, on a eu une journée d’orientation à mon école, le Séminaire St-Joseph. À l’époque j’étais pas certain si je voulais aller en musique ou en informatique au Cégep. Durant la journée, il y avait des ateliers où des gens venaient parler. J’ai assisté à la présentation d’un jeune homme qui travaillait comme programmeur. La seule chose que je me rappelle c’est qu’il nous disait que lorsqu’il a finit son BAC en informatique, 13 entreprises lui ont offert une job. Wow, c’est vraiment LE secteur de l’avenir. Impossible de rester sur le chômage et comme tout le monde s’arrache les finissants, les salaires devaient être excellent!

L’informatique, c’est cool!

Encore aujourd’hui, l’informatique est considéré par la plupart des gens comme un secteur en santé et lucratif. Pourtant, j’ai encore personne autour de moi qui s’est fait harceler par des compagnies après avoir obtenu un diplôme. L’anarchiste en moi, amateur d’hypothèse de conspiration, aime bien se dire qu’on a volontairement montré l’informatique plus fleurissante qu’elle l’était vraiment. Peut-être que de cette manière le Québec risquait moins de tirer de la patte côté technologie. Une chose est sûr, il y a une mer entre la perception de l’informatique du public et la réalité.

Études en informatique

Quand je suis entré au Cégep en informatique en 1998, on était environ 140 à la première session. À la 2ième session, 6 mois plus tard, la moitié avait déjà deserté. Finalement, après 3 ans on parle d’une quarantaine de personnes qui finissent leur DEC. Il faut dire que l’informatique a toujours été un domaine où on perd beaucoup de joueurs à la première session. C’est quand même dommage qu’autant de personnes aient été à l’abattoir pour se rendre compte que l’informatique n’était pas ce qu’ils croyaient.

L’offre et la demande

Le principe est assez simple. Plus t’as de monde qui peuvent effectuer un même travail, moins ils vont être payés cher et moins leurs conditions de travail vont être bonnes. En plus, les employeurs ou les clients potentiels n’ont aucune façon d’évaluer la main d’oeuvre en informatique. Même entre nous on peut difficilement s’évaluer tellement il y a de branche différentes dans ce domaine.

Mon cousin connait ça

Tout le monde a un cousin ou du moins un contact qui peut faire “la même job” pour moins cher. Malheureusement, pour beaucoup de clients, il n’y a pas de différence entre un site Web fait avec FrontPage à la sauvette et un site monté selon les règles de l’art en HTML/CSS, référencé, optimisé pour les connexions lentes et tout le tralala. “Ouin mais là l’autre gars il me le fait ça pour 500$.” que vous allez entendre. Que ça soit pour un service de programmation ou des pièces, si le monde veut rien savoir des technicalités, il leur reste juste à magasiner un prix. Les pires exemples sont dans le domaine de la réparation d’ordinateur. Un client qui vous dit qu’il ne connait rien à l’informatique peut revenir en vous disant que la réparation que vous avez effectuée ne peut simplement pas avoir pris tout ce temps. Personnellement, je n’ai jamais obstiné mon garagiste sur le temps qu’il a mis à faire une réparation. Pourquoi? Parce que j’ai aucune idée du temps que ça peut prendre! Mais je dois dire aussi.. c’est mon père mon garagiste.

L’informatique est arrivée tellement vite dans la vie d’un si grand nombre de personnes qu’on a pas le choix d’accepter qu’il y ait autant de perceptions erronées. On peut pas mettre la faute sur personne, par contre, rien nous empêche d’écrire un petit article de temps à autre pour se vider le coeur et espérer mettre en lumière tout ça.

4 commentaires sur cet article

Commentaires

  1. Frank 12 Mai

    C’est tout un conte de fée qu’on a nous a compté quand on était étudiant : “En sortant, les employeurs vont se battre pour vous avoir”.

    Premièrement, même si ça s’était avéré vrai, il me semble que c’était pas une bonne chose à dire. Le message qu’on nous lancait c’était : “Fais juste finir ton DEC et après t’auras pu à te forcer, tu auras la belle vie”.

    Par contre, il ne faut pas oublier le “phénomène Trois-Rivières”. Je pense pas que c’était sérieux de s’attendre à se trouver une job de rêve dans cette ville. La job est à Montréal. Ça, je dois être franc, même les profs du Cegep nous l’avait dit.

    Ceci dit, si on veut “une job de rêve” à Trois-Rivières, c’est pas impossible. Seulement il faut se la créer au lieu de la chercher. Mais ça c’est une autre histoire…

  2. Alex 12 Mai

    Souvent les personnes qui veulent un site à 500$ ne valent pas la peine d’être un client. C’est souvent plus de trouble que d’autre chose. Des faiseux de page interweb ou technicien à la dollorama vont toujours exister.

    C’est comme dans tous les domaines, la qualité a un prix.

    *Attendez que les chinois commencent à faire du web, il va y avoir des sites à 5$.

  3. Emile 14 Mai

    C’est vrai que rendu au cégep on nous disait que les grosses jobs sont à Montréal. Mais reste que personne de mon entourage a reçu d’invitation de compagnie de Montréal ou ailleurs.

    @Alex

    Le principe qui se rapproche le plus de ce que tu dis avec les chinois c’est les modèles de site à 100$ (template). Avec des gros menus en Flash qui vire dans tous les sens.

  4. Geccoe 16 Mai

    Comment ca? Vous n’êtes pas devenus “Chefs programmeurs” en finissant votre cours, comme ils le disent dans les annonces?

    À mon avis, c’est vrai qu’ils ont grossi le “phénomène informatique” il y a quelques années, et même aujourd’hui encore. Des collèges informatiques (toujours plus technologiques que les autres et avec des formations en moins de temps qu’il n’en faut pour signer un contrat de 20000$) ont poussé comme des champignons. Des tonnes (attention, oui, je les ai pesées) de personnes se sont lancé dans le domaine sans trop y penser. On s’est retrouvé avec plus de programmeurs que d’ordinateurs (là aussi, j’ai fait le calcul).

    Dans ce nombre, plusieurs se sont rendu compte qu’ils n’aiment pas le domaine, que ce n’est pas si payant que ca et que ce n’est pas si facile de se trouver un bon emploi, comme dans plusieurs secteurs d’ailleurs. Vive le marketing et la naïveté des gens!

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