Québec, chômage et entrepreneuriat
Dans ce joyeux trio, l’entrepreneuriat est malheureusement l’intrus. Je tiens à dire que j’ai récemment été sur le chômage et je ne parle pas à travers mon chapeau. Durant cette période, j’ai voulu commencer à offrir mes services comme technicien à domicile plus officiellement. Étant en informatique depuis plusieurs années, il m’arrive quelque fois de réparer des ordinateurs à gauche et à droite. Pensant bien faire, j’ai donc mis en ligne un site Web affichant mes services et j’ai fait faire des belles petites cartes d’affaire.
La loi c’est la loi
Lorsque j’ai fait ma déclaration de chômage, après avoir fait mon site Web et mes cartes d’affaire, j’ai indiqué que j’étais travailleur autonome sans même être certain que je l’étais selon leur définition. Résultat, une petite madame m’appelle pour me poser des questions, ça ne finissait plus. Combien de temps tu as mis sur ce site Web là? Ça vaut combien ça si tu l’avais fait faire? C’est comme si tu avais investi pour te partir en affaire. Tu es pas supposé faire ça, tu dois être disponible si un employeur t’appelle. As-tu appliqué quelque part? Où? Quand? Aaaaarrrrggghhhh!
Chercher de la job, 40 heures par semaine
À temps plein, avec le nombre de semaines auxquelles on a droit sur le chômage, j’aurais sûrement fait le tour des compagnies de Trois-Rivières 5 fois. Même en postulant sur tous les emplois qui sortent dans une journée il me resterait encore 6 heures par jour de libres. Utiliser ce temps là intelligemment en faisant un programme? En rendant tes services plus accessibles? Mais non voyons, reste chez toi, le téléphone pourrait sonner!
Ne te crées pas de l’emploi, cherche un employeur de qui dépendre
Un des pièges que les entreprises doivent éviter est de recevoir un trop grand pourcentage de leurs revenus d’un trop petit pourcentage de leurs clients. La raison est simple, s’ils le(s) perdent, ils vont manquer d’argent assez vite. Quelqu’un sur le chômage, c’est justement quelqu’un qui a mis tous ses oeufs dans le même panier. Je ne veux pas dire que tous les salariés de la terre devraient travailler à plusieurs endroits ou encore être des travailleurs autonomes. Par contre dans une ville comme Trois-Rivières et un domaine comme l’informatique, ce n’est vraiment pas si fou que ça. Les emplois ne pleuvent pas et le roulement de personnel est assez élevé pour diverses raisons.
Aide aux travailleurs autonomes
Oui certainement monsieur, il existe un programme pour vous aider. Vous êtes en informatique? Oh malheureusement c’est un domaine qui est saturé, meilleure chance la prochaine fois! Même chose si vous avez un projet à présenter au Centre Local de Développement ou à la Société de Développement Économique (ils changent de nom chaque année).
Emile, j’ai le goût de mourir
Je sais que le discours que je tiens est assez amer, mais personnellement je garde encore le cap sur mon objectif : faire de l’argent en mettant l’informatique au service des gens et non le contraire. J’ai bien peur que si je réussis, ce ne sera pas grâce à une aide gouvernementale. Je n’aurais donc pas le choix de me péter les brettelles!
J’espère que tu leur as pas dit que je t’ai chargé 14 000 $ pour ton site, ca pourrait revenir contre moi.
J’avoue qu’un meilleur encadrement pour créé son propre emploi serait bienvenue. À quoi bon aider quelqu’un qui ne veux pas dépendre du chômage … Tu aurais peut-être moins de problème sur le B… l’assistance social, car de toute façon, tout le monde sait que les programmeurs ca fou rien (j’crois que c’est Sartre qui a déjà dit ça…).
Le Canada préfère créer des chômeurs que des entrepreneurs. Même si tu réussis à entrer de le programme d’aide aux entrepreneurs, il faut que ton produit/service soit en phase de commercialisation. Donc, aucune aide au développement.
J’ai vécu la même situation qu’Émile (2ième paragraphe) et laissez-moi vous dire que c’est plutôt désagréable de se sentir comme un “crosseur” même si on a vraiment rien à se reprocher.
Le gouvernement est également réticent lorsque vient le temps de financer des projets. Bon, je peux comprendre ça jusqu’à un certain point, mais quand même. Quand je suis allé rencontrer la petite madame à la SDE, elle m’a gentiment fait comprendre que ça serait ben difficile à faire passer étant donné que (comme Émile l’a dit) l’informatique est un domaine saturé. De plus, ce fameux programme d’aide aux travailleurs autonomes… c’est pas le paradis. SI tu es accepté, ils vont te donner du chômage pour une période POUVANT ALLER jusqu’à 52 semaines. MAIS, avant de t’accepter, ils veulent avoir la certitude que tu vas pouvoir VIVRE DU PROJET EN QUESTION APRÈS UN AN SEULEMENT. Et encore plus que ça, ils s’attendent à ce que ton projet génère des revenus après 1 mois ou 2 seulement. C’est assez heavy comme conditions je trouve. Si tu as un projet qui est censé rapporter à moyen ou long terme, tu te retrouves dans le trouble.
Excellent article Émile