Développeur Web… blasé?
J’ai entendu à quelques occasions des développeurs (au moins 2 en tout cas) me dire la phrase fracassante suivante : Je pense pas faire ça toute ma vie…
Bien honnêtement, ça m’a marqué.
La dernière personne à m’avoir dit cette phrase qui tue correspond au cas typique, c’est-à-dire quelqu’un de naturellement doué et compétent mais qui, en même temps, semble complètement blasé et ennuyé par le travail qu’il fait.
Ça m’a amené à me demander : Qu’est-ce qu’il peut bien y avoir dans l’informatique pouvant pousser des gens à vouloir faire autre chose? Est-ce que c’est le travail répétitif, le manque de défi, le manque de diversité, le manque d’autonomie, les salaires “bien ordinaires” des régions? Est-ce que c’est “l’ordinateur” le problème ou l’emploi occupé en tant que tel?
Est-ce qu’une partie du problème ne serait pas liée à la fin des années 90, lorsqu’on a poussé des tonnes de personnes vers l’informatique supposément parce que c’était l’avenir? Le crash qui a suivi et qui a ramené tout le monde sur terre a peut-être laissé quelques séquelles. Bref, comme vous le voyez, j’ai plus de questions que j’ai de réponses.
En fait, c’est plus ou moins vrai. J’ai ma petite hypothèse que je vous cache sournoisement depuis le début.
Quand ça fait 5 fois en 2 mois que vous développez (comprendre : copier-coller) un “formulaire de concours”, quand vous êtes toujours contraint de prendre la solution la plus rapide et la plus cheap seulement pour être en mesure de livrer au client plus rapidement, quand vous vous rendez compte que vous faites la même chose jour après jour et que vous ne progressez plus… c’est un constat qui peut faire mal. La plus grande qualité d’un développeur est sa créativité. Un développeur ce n’est pas un travailleur à la chaîne, ce n’est pas quelqu’un qui sait “abattre de la job” à la vitesse de l’éclair, ce n’est pas un exécuant. Un développeur, c’est un leader doté d’un esprit curieux. A mon humble avis, tout développeur a besoin de ça pour être heureux.
Je serais prêt à parier que tous les développeurs heureux dans leur travail sont des gens libres. Libres de prendre des décisions, d’avoir de l’initiative, de foncer, de donner leur point de vue, de créer et d’innover.
Peut-etre que ces gens ne sont pas satisfait par le travail qui leur est confié.
Ce n’est peut-être pas le travail de programmeur qui ne leur plaît pas, mais bien les projets qui sont plates et ennuyeux.
Pour faire la gestion de programmeurs, il faut savoir les stimuler en leur donnant la chance de ce dépasser. C’est sur qu’on ne peut pas toujours juste faire ce qu’on aime, mais je crois que c’est certainement une grosse parti du problème des gens qui t’ont dit cette phrase!
Cheers!
« La plus grande qualité d’un développeur est sa créativité. » Tu as tellement raison sur ce point. J’ai la chance d’être pigiste en développement web, et de consacrer la majeure partie de mon temps à mes projets personnels (Humour Québec et Fanatique.ca) qui, au-delà du travail et des revenus publicitaires ridiculement bas, m’apportent une extrême satisfaction personnelle.
Le problème des développeurs blasés ne pourrait-il pas résider dans le fait que ces derniers refoulent leur besoin de créer, de développer et de s’exprimer professionnellement sous prétexte de vouloir gagner plus d’argent et d’avoir une job “steady” ?
Question d’éviter la confusion je veux simplement ajouter à mon précédent commentaire que je ne suis pas le Émile qui écrit sur ce site. Je suis Émile GIRARD, un autre Émile.
J’ai pas l’habitude de renseigner mon nom de famille, parce que c’est rare des Émile… Cependant je vais devoir me raviser parce que ce prénom gagne en popularité chaque année. Précurseurs, nous sommes.
Il y a plusieurs développeurs qui finissent par se lasser du besoin de créer et de se battre pour se faire comprendre et finissent par “faire ce qu’on leur demande”. Je suis tombé dans le panneau à mon dernier emploi et je peux dire que je détestais vraiment mon travail. J’étais devenu amer et chiant… mais j’avais une paie qui entrait à toutes les 2 semaines.
Il faut rester connecté sur ses ambitions afin de ne pas finir par dire “je veux pas faire ça toute ma vie”. Si on avance toujours dans la direction qui nous plait, on ne peut pas se tromper.
je sais ce qui me plait dans le développement (et c’est effectivement, comme c’est très justement dis dans l’article, le coté créatif), mais je me trouve assez souvent rattrapé par les impératifs “économiques” qui me rappelle à la réallité des délais, et des “clients rois”…
mon poste actuel est pourtant plus créatif, que le précédent que j’occupais (et moins bien payé, comme quoi des fois la paye…)
et au final j’en viens de temps en temps à être bien blasé…
donc “Si on avance toujours dans la direction qui nous plait, on ne peut pas se tromper”, c’est peut être vrai, mais cette direction ne conduit pas forcément à resté dans la programmation
Fiou! Une chance qu’il y avait un Emile de “spare” pour faire un commentaire pas trop en retard. Histoire que ça soit égale, mon nom au complet est Emile MAHER.
C’est comme dans tout, il faut trouver un équilibre. Entre faire juste ce qu’on veut pis pas avoir une cenne et choisir une job juste pour le cash. Comme dit FreakDev, peut-être que si on pensait juste au cash, on serait plus en informatique.
Disons que pour l’instant, je considère que je suis en équilibre simplement parce que je choisi de rester en informatique.